PRÉSENTATION DES COMORES

L’archipel des Comores est constitué de quatre iles (Grande Comores, Anjouan, Mohéli et Mayotte) situées au débouché du canal de Mozambique au nord de Madagascar. La superficie totale de l’union des comores est de 2 170 Km2.

Le premier peuplement de l’archipel s’est produit dans la seconde moitié du premier millénaire à partir de l’Afrique bantoue (moitié sud), probablement vers le VIIe siècle; il semble que les premiers habitants soient des représentants de la civilisation swahili. Les Swahiliens ne sont pas des Arabes, mais un peuple de métis, en majorité composé de Bantous. Ce sont ces Swahiliens qui, lors de leur extension sur les rivages de l’Océan indien occidental, s’installèrent aux Comores. Avant l’arrivée des Arabes, les Swahiliens mirent en place une organisation politique et sociale proprement africaine. Entre le VIIe et le XIIe siècle, des Austronésiens, qui contribuèrent au peuplement de l’île de Madagascar, sont passés par les Comores, mais ne s’y sont pas établis. Puis, au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens — le terme Shiraz désigne le golfe Persique —, des groupes islamisés métissés (Arabes et Iraniens), accompagnés de leurs esclaves, arrivèrent aux Comores et introduisirent la religion musulmane. Vers le XVIIIe siècle, des Arabes originaires du Yémen, se déclarant les descendants du Prophète, s’allièrent aussi aux familles comoriennes nobles et contribuèrent ainsi à l’établissement de nouveaux lignages matrimoniaux, surtout à la Grande-Comore et à l’île d’Anjouan.

L’intervention de la France dans l’ensemble des Comores commença au milieu du XIXe siècle, alors que les quatre îles des Comores furent le théâtre de nombreuses guerres entre sultans locaux, ce qui leur valut le surnom d’îles des sultans bagarreurs. Ainsi, à partir du XIXe siècle, les liens politiques furent rompus entre les îles de l’archipel. Les Comores furent d’abord un protectorat français en 1886 puis une colonie rattachée à Madagascar en 1912. Elles obtiennent, en 1946, le statut de territoire d’outre-mer français composé de quatre îles : Grande Comore, Anjouan, Moheli et Mayotte. Les Comores disposent d’une autonomie interne à partir de 1961. Le 22 décembre 1974, un référendum en vue d’une prochaine indépendance est organisé : Grande Comore, Anjouan et Moheli optent pour l’indépendance tandis que Mayotte décide à 60 % de rester française.

Le 6 juillet 1975, Ahmed Abdallah proclame unilatéralement l’indépendance des Comores dans leurs frontières « coloniales » (c’est à dire avec Mayotte) ; il devient le premier Président de la République fédérale islamique des Comores. Le 3 août 1975, Ali Soilih prend le pouvoir suite à un coup d’Etat. Il sera destitué le 21 mai 1978, renversé par un nouveau coup d’Etat mené par le mercenaire français Bob Denard qui favorise le retour d’Ahmed Abdallah au pouvoir. Ce dernier est assassiné le 26 novembre 1989 ; le Président de la Cour suprême, Saïd Mohamed Djohar, assure l’intérim de la présidence. Entre fin 1989 et avril 1995, 16 gouvernements se succèdent.

Le 3 août 1997, l’Ile d’Anjouan se déclare indépendante et élit Abdellah Ibrahim Président de l’Etat d’Anjouan. L’Ile adopte sa propre Constitution le 25 février 1998.

Le 11 août 1997, Mohéli proclame à son tour son indépendance puis réintègre le Gouvernement fédéral en 1998. Le 30 avril 1999, un coup d’Etat permet l’accession du Colonel Azali Assoumani au pouvoir ; il s’agit du 19e coup d’Etat aux Comores depuis l’indépendance. Le 17 février 2001, un « Accord cadre de réconciliation nationale » est signé entre le Gouvernement en place, l’opposition et les séparatistes anjouanais sous l’égide de l’Organisation de l’Unité africaine et de l’Organisation internationale de la Francophonie. L’Accord devrait permettre la mise en place des nouvelles institutions et fixe un calendrier en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution. Le 9 août 2001, le Lieutenant-colonel Saïd Abeid, au pouvoir à Anjouan depuis sa désignation par Abdellah Ibrahim à la tête du Comité exécutif (Gouvernement) le 3 août 1999, a été renversé par un comité militaire dirigé par le Commandant Mohamed Bacar. Le 24 septembre 2001, une junte militaire, dirigée par Ahmed Aboubacar Foundi, organise un putsh à Anjouan pour renverser Mohamed Bacar ; le lendemain ce dernier reprend le pouvoir sur l’île.

Le 4 novembre 2001, l’île d’Anjouan subi une nouvelle tentative de coup d’Etat, menée par l’ancien chef de l’île séparatiste le Lieutenant-colonel Said Abeid. Ce dernier s’est enfui de l’île moins de 24 heures après avoir proclamé sa victoire sur Mohamed Bacar.

Le 23 décembre 2001, un référendum doit être organisé en vue de l’adoption d’une nouvelle Constitution ; celle-ci devrait mettre en place un nouvel ensemble comorien avec l’octroi d’une large autonomie pour chaque île de l’archipe